Depuis le 1er mai 2011, le salaire minimum, au Québec, se situe à 9.65$.

En 2011, le salaire minimum se situe encore sous la barre des 10$ de l’heure. Il s’agit d’un inquiétant constat lorsqu’on réalise que même à 40 heures par semaine, sans vacances, le salaire annuel brut d’un travailleur, avant les retenues, se situe à seulement 20,072$, soit 9.65$ x 40 h = 386$ x 52 semaines = 20,072$. Ça équivaut à un salaire brut de 772$, aux deux semaines. Rien de bien généreux, vous en conviendrez!

Pour tout revenu sous la barre des 39,060$, le taux d’imposition du Québec est de 16%, ce qui signifie des retenues à la source de 3,211.52$, annuellement. Au Canada, on parle d’un taux d’imposition de 15% pour un revenu ne dépassant pas 41,544$, ce qui enlève un autre 3,010.80$ des poches de notre travailleur québécois, au salaire minimum.

Les impôts du Québec et du Canada privent donc les travailleurs les plus pauvres de 6,222.32$, à la source!

Ainsi, le salaire “après impôts” se calcule comme suit, 20,072$ – 6,222.32$ = 13,849.68$.

Sérieusement, ce n’est vraiment pas beaucoup.

Le gouvernement enlève 31% du revenu des travailleurs les plus pauvres directement depuis leur maigre chèque de paie. Ce n’est rien pour les “motiver au travail”. Pire, ça les convainc de trouver un moyen de travailleur “au noir”, loin de cette énorme ponction qui les maintient dans un état permanent de pauvreté.

Et là, on ne parle même pas des déductions pour l’assurance parentale, pour la Régie des rentes du Québec, pour le Régime de pension du Canada et pour toutes les autres ponctions liées aux assurances. Déjà qu’à 772$ par chèque de paie (aux deux semaines) ça ne volait pas haut, en enlevant 31%, ça tombe à 532.68$.

Qui pourrait vivre avec 1,065.36$ par mois?

Sachant que les loyers à Lévis se situent généralement en haut de 600$ par mois, ça ne laisse presque plus rien pour les autres besoins, comme se nourrir, se vêtir et se déplacer (au moins de la maison au travail).

Nos élus ont laissé tomber les travailleurs les plus pauvres du Québec ainsi que tous ceux qui gagnent moins de 16$ de l’heure, soit le montant à partir duquel il devient possible d’entrevoir, un jour, sortir de la pauvreté.

La problématique des travailleurs à faible revenu fait l’objet d’intenses débats de société mais un fait demeure, en 2011, recevoir le salaire minimum, c’est une condamnation quasi-automatique à rejoindre, plus tôt que tard, le lot des travailleurs les plus pauvres. Un travailleur au salaire minimum qui n’aurait pas de conjoint ou de patrimoine financier préalable (comme un héritage providentiel ou un immeuble à revenu) n’arrivera probablement jamais à acheter une maison ou à prendre de véritables vacances.

En fait, c’est très difficile pour un travailleur au salaire minimum de se motiver à travailler lorsqu’il est mathématiquement impossible de s’en sortir, véritablement, avec aussi peu d’argent.

Certaines compagnies font des efforts pour offrir un “salaire viable” à tous les employés (généralement au-dessus de 16$ de l’heure) pour éviter d’avoir des problèmes gênants avec ses employés. Le genre de problème qui ne sera pas bon pour leur “image”, comme un suicide d’un de leurs employés, par exemple.

Malheureusement, les compagnies qui choisissent de mieux payer leurs employés ne sont pas assez nombreuses pour éviter le tsunami de problèmes sociaux qui naissent d’une répartition de la richesse que plusieurs qualifient de douteuse, où les “gagne-petits” obtiennent des miettes pour leur travail alors que la classe des gestionnaires et surtout, des propriétaires (parfois des actionnaires) se ménage la part du lion, souvent de manière complètement débridée, comme le PDG de Metro qui s’est vu accorder près de 3,5M$, en 2009. Ouf! C’est plus de 174 fois plus qu’un travailleur au salaire minimum… on peut soupçonner un part d’exagération dans la rémunération de ce “dirigeant”. Et il n’est pas le seul!

D’ailleurs, les “patrons” n’aiment pas donner trop de détails sur leurs “compensations” pour éviter, notamment, que leurs “subalternes” ne réalisent à quel point ils se font plumer. En matière de salaire, il est rare que la classe dirigeante prône la transparence, tout occupés qu’ils sont à cacher l’ampleur de leur gigantesque ponction dans les coffres de leur employeur.

Mais dans les fait, les travailleurs les plus pauvres, au Québec, ont rarement le temps de s’arrêter pour comparer leur compensation à celles de leurs pairs ou encore, de leurs dirigeants. Ce sont des citoyens qui sont “pris à la gorge”, financièrement. Personne ne se soucie d’eux. Ils doivent s’arranger pour maintenir leur “façade de normalité”, aussi fausse soit-elle. Bien que ces gens soient techniquement pauvres, il ne faut surtout pas que ça paraisse, de peur de perdre le peu qu’ils ont réussi à accumuler.

Par exemple, un “pauvre” qui se plaindrait de son manque de revenu pourrait diminuer ses chances d’occuper un poste de gestion parce qu’il pourrait donner l’impression de ne pas savoir “gérer des avoirs” alors qu’en réalité, il ne ferait que réclamer un “juste dû”. Même logique tordue pour un parent monoparental divorcé qui pourrait perdre la garde d’un enfant si l’autre conjoint peut “prouver” qu’il ou elle ne peut pourvoir à “tous” ses besoins. L’argent avant l’amour! Dans ça comme dans le reste!

Quelques 292k travailleurs, dont 183k femmes, travaillent présentement au salaire minimum. Si l’on ajoute tous les travailleurs qui obtiennent le salaire minimum plus quelques cents ou dollars, ont touche une très large portion de travailleurs. Si vous lisez cet article, vous faites peut-être partie des “gagne-petits” qui doivent composer avec des revenus insuffisants malgré un effort confirmé, au travail.

Et l’oppression, dans tout ça?

Elle est au cœur de la “machine”, propulsée par Emploi-Québec qui, pour attirer des transnationales étrangères, leur promet une main d’œuvre bon marché, concurrence oblige!

Quelle transnationale étrangère —ou entreprise locale— se donnera la peine de payer ses employés décemment alors qu’Emploi-Québec va remuer ciel et terre pour leur trouver (et même former) leur main d’œuvre? Ça explique assurément pourquoi 90% des emplois dans le domaine des services sont au salaire minimum! Ce segment du marché étant dominé par les transnationales étrangères, avec des Wal-Mart, des Home Depot et des Victoria’s Secret où les salaires sont vraiment, vraiment bas.

Les regroupements de patrons, parmi lesquels se trouvent des gens avec un excellent jugement, trouvent qu’il nous faut réduire le salaire minimum parce que ça nous rend moins compétitifs, sur le plan international.

Même si cet argument a du mérite au plan purement économique, c’est de l’opportunisme intellectuel que de vouloir séparer l’argent de l’utilisation de l’argent pour mieux faire avaler le haut niveau d’irresponsabilité sociale de nombreux employeurs, occupés à enrichir leurs actionnaires tout en abusant de leur main d’œuvre.

C’est triste à dire mais notre classe politique a choisi le camp des transnationales étrangères et de ce fait, condamne les Québécois à l’appauvrissement progressif. Pour les riches et les puissants, il s’agit d’un mécanisme d’oppression tout à fait divin où le “petit peuple” n’a ni les ressources financières, ni le temps, ni l’énergie pour mobiliser ses forces vives afin de croître et un jour, concurrencer l’ordre établi.

Les oppresseurs veulent une population québécoise pauvre, malade, découragée (et gênée d’en parler) et surtout, obéissante!

Ça coule de source, les classes moyennes et riches ont davantage de moyens pour éviter les “problèmes d’argent” et tous les autres problèmes liés au manque d’argent mais plus que tout, ces gens sont capables de se défendre contre les injustices qui pourraient être commises à leur encontre. C’est pourquoi les oppresseurs mènent une guerre sans merci contre eux!

Dans l’arsenal des oppresseurs, ceux qui veulent régner de manière illégitime, il y a les “lobbys d’intérêts privés” qui dictent plusieurs politiques à nos élus les plus malléables dont le compas moral ne fonctionne plus très bien, une fois élus. Il y a aussi la promotion des divorces qui brisent les familles, sur tous les plans. Pensez aussi à la promotion du féminisme qui, dans sa forme actuelle, dépossède les femmes de leur féminité (leur vrai pouvoir) pour leur donner l’illusion qu’elles ne gagneront le “respect” qu’en prenant la même place que les hommes, niant ainsi aux hommes leur masculinité et ce qui s’y rattache, créant ainsi d’énormes conflits femmes / hommes qui nuisent à l’ensemble de la société… ainsi qu’aux femmes.

Pourquoi les oppresseurs voudraient-ils ainsi s’attaquer aux femmes?

Simplement pour diviser, afin de mieux régner.

Pourquoi s’arrêter aux femmes? Les oppresseurs pervertissent les enfants en glorifiant des modes de vie débridés et impropres. Ça créé d’énormes tensions dans les familles, unies ou non. Ça campe les enfants en opposition permanente contre les parents et toute forme d’autorité ce qui justifie le maintient d’une gigantesque force répressive constituée de policiers, de juges et de “lologues”.

L’essentiel des problèmes sociaux pourraient être résorbés via une redistribution plus juste des avoirs. On ne parle pas de communisme, ici. On parle de réelle justice. De reconnaissance du travail accompli et d’une rémunération juste et authentiquement équitable. Les travailleurs ne devraient pas avoir besoin de faire appel à un syndicat pour faire reconnaître l’évidence de la nécessité d’un salaire suffisant pour vivre (et non survivre).

Mais les oppresseurs ne l’entendent pas ainsi.

Les oppresseurs vont continuer à VOLER les travailleurs québécois les plus pauvres et à TAXER sans fin les autres travailleurs, un peu plus riches, pour éponger le gâchis social qui en résulte. La belle affaire, surtout que les “yuppis” pensent que les “problèmes sociaux” ne les touchent pas!

Les Québécois doivent refuser d’adhérer à la mentalité réductionniste prônant la fin de notre mode de vie pour concurrencer des pays comme le Mexique et la Chine où les conditions de travail sont inexistantes. Ce n’est pas pour rien qu’Apple demande à ses fournisseurs chinois de poser des filets anti-suicides sous les fenêtres de ses usines, notamment chez FoxConn, à Shenzenn, en Chine. Pensez à ça avant d’acheter votre prochain iPad!

Vous, chers amis, faites partie de la solution.

Mieux encore, vous êtes et avez toujours été, la solution.

En prenant conscience de votre valeur, en tant que travailleur, vous attaquez directement les mythes que les oppresseurs tentent de vous faire avaler, comme le fait que vous êtes remplaçables et que votre départ d’une entreprise irrespectueuse de ses travailleurs n’aura “aucune incidence”.

Si tous les travailleurs québécois disent NON aux employeurs abusifs, ce ne sera pas nécessaire de faire intervenir un syndicat pour “envoyer un message clair” à savoir que le VOL LÉGALISÉ des employés québécois est FINI.

Le gouvernement voudra favoriser ses souteneurs étrangers et trouvera un moyen de les favoriser afin d’encore mieux écraser les travailleurs québécois mais il faudra faire comprendre à la classe politique, qu’importe l’allégeance, que les politiques qui vont à l’encontre du meilleur intérêt des travailleurs ne “passe” plus.

Vous êtes tannés du salaire minimum?

Faites du ménage à 25$ de l’heure. Faites le tour de votre quartier pour trouver vos premiers clients.

Hébergez une personne âgée à 1,500$ par mois et occupez-vous en bien! Ce sera au moins 1,5 fois plus payant qu’un emploi au salaire minimum et vous aurez du plaisir à côtoyer une personne qui peut vous donner d’excellents conseils.

Allez voir les petits entrepreneurs de votre quartier et offrez-leur d’augmenter leur chiffre d’affaires. Vous allez être surpris à quel point vous pourriez vous enrichir en les aidant.

Vendez vos services et vos produits via le web. Vous atteindrez encore plus de clients potentiels qu’en ouvrant une boutique, localement. Mieux encore, vous IMPORTEREZ de la richesse (des devises étrangères).

Gardez des enfants à 50$ par jour. Prenez en deux (donc, 100$ par jour) et occupez-vous en vraiment bien. Rendez les parents fous de joie en leur enlevant un énorme épine dans le pied et au passage, obtenez 2,000$ par mois plus facilement qu’en ayant à endurer un emploi au salaire minimum “à l’extérieur de votre résidence”.

Soyez créatifs, Amis Québécois!

Reconnaissez le salaire minimum pour ce qu’il est devenu, en 2011, à savoir un outil d’oppression.

Défendez-vous contre cette guerre ouverte CONTRE votre droit pourtant inaliénable à une vie enviable, saine et véritablement enrichissante. Notre société aime se dire moderne entretient des travers inquiétants et il vous appartient de vous lever contre ceux-ci.

À partir du moment où vous déciderez que le salaire minimum ne fait plus votre affaire, les oppresseurs auront un énorme problème sur les bras et si vous agissez intelligemment, vous pourriez contribuer à terrasser leur empire de la honte qui nous maintient artificiellement dans un état de médiocrité relative permanente où ils ne nous donnent accès qu’à un ensemble limité de moyens pour évoluer.

Ce qui est fascinant, c’est que la stratégie la plus efficace pour vaincre les oppresseurs se trouve en chacun de vous et les actions que vous poserez pour améliorer votre sort pourraient bien être les mêmes qui causeront le plus de tort à ceux qui vous veulent pauvres, faibles, malades et obéissants.

Posez-vous la question, est-ce que votre travail vaut vraiment moins que celui de vos supérieurs? Pour presque tout le monde, la réponse alors demandez-vous pourquoi vous tolérez que vous soyez la victime de cette forme particulièrement insidieuse d’oppression?

Transformez votre vie, transformez le Québec et refusez que votre travail quotidien soit compensé “au minimum”.

4 Commentaires

  1. Il faut vraiment pas l’avoir vécu pour prétendre qu’un travailleur au salaire minimum se ferait charger 6,222.32$ à la source… Ceci est tout simplement faux. Avec toutes les déductions, on est très loin de ce montant. Par très loin, il serait même intéressant de creuser la question et voir s’il y a vraiment de l’impôt payé. La seule bonne partie du texte est celle qui encourage les gens à innover. Du reste, ce texte est très fermé d’esprit et ne prend pas grand chose en compte, autre qu’un gros paquet de préjugés biens remâchés. Suggestion pour l’auteur, écrire des textes moins longs, mais s’arranger pour qu’il y ait moins de faussetés à l’intérieur.

  2. Bonjour Charles,

    Certains aspects de votre commentaire sont plutôt flatteurs et je vous en remercie mais vous comprendrez que je ne vous laisserai pas insinuer qu’il y ait une quelconque erreur dans mes calculs.

    Afin de mieux vous situer, j’ai d’abord bénéficié de la générosité de deux travailleurs au salaire minimum qui bossent, respectivement, dans une boutique de vêtements et une boutique d’accessoires pour les sportifs. Il m’ont fourni, sans compensation, une copie de leur talon de paie. J’ai pu voir, de mes yeux, les taux d’impôts qui étaient perçus “à la source”. Mes chiffres reflètent donc une réalité que vous pouvez vérifier, vous-mêmes, en prenant contact avec des employés aux salaire minimum. S’ils vous montrent leur talon de paie, vous verrez ce que j’ai vu.

    Du reste, j’ai contacté Revenu Québec et l’Agence de revenu du Canada pour faire valider mes scénarios et mes chiffres, juste pour avoir l’absolue certitude de ne rien oublier. Le préposé de l’ARC a mentionné d’éventuelles déductions possibles, selon divers scénarios de vie mais cet article traite de la réalité d’un travailleur au salaire minimum sans les avantages des “déductions possibles” alors ce n’était pas pertinent. Ceci dit, une jeune mère ayant deux enfants et qui doit travailler au salaire minimum, au Québec, aura droit à certaines déductions mais au final, est-ce qu’elle s’en sort vraiment mieux, compte tenu du fardeau bien plus lourd qui pèse sur ses épaules?

    Autrement dit, mes calculs sont justes.

    Pour ce qui est de la longueur de mes articles, je préfère continuer d’écrire sans trop me limiter. Pour ceux qui aiment le genre, c’est plus intéressant.

    En passant, j’aimerais bien avoir des échos de travailleurs qui connaissent ou ont connu le salaire minimum. Que vous ayez eu de bonnes ou de mauvaises expériences, ce serait apprécié de vous lire.

  3. Très intéressant. Je voulais partager quelque chose avec l’auteur.

    Dans un cours d’économie au CEGEP du Vieux-Montréal, j’ai visionné avec mes collègues un vidéo d’un homme d’affaires qui fabriquait des équipements de hockey. En janvier/février 2002, le salaire était autour de 7 $. Bon, cet homme d’affaires disait qu’il haïssait payer un travailleur au salaire minimum de 6,90 et préférait aller en Malaisie ou il pouvait le payer à 1 ou 2… par jour. Dégueulasse n’est-ce pas? La vidéo datait des années 90, à peu près.

    Un salaire minimum valait plus en 2002 car le loyer, le transport en commun et la nourriture étaient moins chers. Juste la passe mensuelle était de 46 ou 47$. Aujourd’hui, en 2012, elle est passée à 75,50$ en juste 10 ans tandis que le salaire minimum n’a augmenté que de 2,50$. Le loyer? La même affaire. En 2002 un 2 1/2 coûtait 380$. Maintenant? Tu n’en trouves pas un en bas de 550$.

  4. Depuis le 1er mai 2012, le taux général du salaire minimum, au Québec, est passé à 9,90$ / heure.

    Cette augmentation de 25¢/h représente 10$ pour chaque 40h travaillées. Au bout de 50 semaines, ça signifie que le travailleur pourrait avoir empoché quelques 500$ de plus.

    Ça ne modifiera rien à la condition des travailleurs au salaire minimum puisqu’au même moment où le taux a été augmenté, la taxe du Québec, la TVQ, a augmenté de 1%, au 1er janvier 2012 pour s’établir à 9,5%.

    Chaque augmentation du salaire minimum est une bonne nouvelle mais lorsque tout le reste continue de coûter plus cher, on se demande si le travailleur finit vraiment par gagner au change…

    Le taux pour les salariés aux pourboires quant à lui est passé à 8,55$ / heure.

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