Douze (12) milliards de dollars.

Un montant aussi élevé ne laissera personne indifférent.

Nos élus voudront être associés à la distribution de cette manne économique et en même temps, ils manœuvreront prudemment au cas où cet ouvrage majeur ne devienne, le temps d’une “difficulté technique” une catastrophe écologique.

Enfin bref, ça va être un projet d’envergure pour les années à venir, partout où le pipeline de TransCanada passera.

Pour ceux qui n’avaient pas suivi les nouvelles et qui croyaient que le projet serait torpillé pour des raisons environnementales, encore une fois, l’argent a gagné et le projet de TransCanada ira de l’avant.

En gros, il s’agit de convertir et de prolonger un pipeline existant pour le mener jusqu’à Saint John, au Nouveau-Brunswick pour acheminer du pétrole en provenance de l’Ouest canadien. Les points de livraison, en plus de Saint John, seront Montréal et Lévis.

D’une capacité d’environ 1,1 millions de barils par jour, l’oléoduc devra être mis en service en 2017 au Québec et en 2018, au Nouveau-Brunswick. Au moment de publier cet article, TransCanada a signé des contrats fermes pour transporter environ 900,00 barils de pétrole brut de l’Ouest canadien vers les raffineries et les terminaux d’exportation de l’Est du Canada.

Joe Oliver, notre ministre canadien des Ressources naturelles, s’est réjoui “à la perspective que du brut canadien de l’Ouest soit acheminé vers les consommateurs et les raffineries de l’Est canadien et éventuellement, vers de nouveaux marchés, à l’étranger.” Il a ajouté que “des initiatives comme celles-là permettraient aux raffineries canadiennes de traiter beaucoup plus de pétrole canadiens à des prix qui pourraient être plus bas en plus d’améliorer la sécurité énergétique du Canada et de rendre notre pays moins dépendant du pétrole étranger.

M. Oliver a aussi indiqué qu’en 2012, quelques 92% des livraisons de pétrole brut vers les raffineries du Québec et 83% de celles vers les raffineries du Canada Atlantique étaient importées de pays comme l’Arabie Saoudite, l’Algérie et l’Angola. TransCanada évalue à environ 700,000 barils par jour les importations de pétrole étranger dans l’Est du pays.

Les Conservateurs de Stephen Harper qui appuient le projet de TransCanada semblent très satisfaits d’entrevoir la possibilité de voir le pétrole albertain sortir… de l’Alberta!

Certains analystes qui suivent de près les développements du pipeline disent que le temps presse. Comme le projet de construction prends entre 3 et 5 ans, on peut penser que les profits des compagnies pétrolières (qui financent ce projet) vont être réduits. Des années sans profits et sans taxes, ça représente un long passage à vide pour les investisseurs et les gouvernements. Et les sommes sont très importantes!

La complexité environnementale et réglementaire du projet doit aussi être prise en compte si le délais de construction devait être prolongé. Tout ça a des impacts importants, au plan économique.

Ce qui est décevant, par contre, c’est que même si le pipeline passe, en partie, sur le territoire québécois, rien ne nous assure que nous paierons notre essence moins chère. En fait, ça pourrait ne RIEN changer, pour les consommateurs… assez “turn-off”, merci.

À la fin, c’est toujours le consommateur qui paie alors même si le pétrole albertain coûte moins cher, faute de débouchés pour le sortir de là, une fois le pipeline terminé, ce sera possible de trouver des marchés d’exportation profitables et c’est écrit dans le ciel que ce ne seront pas les consommateurs québécois qui profiteront d’un quelconque rabais sur leur essence.

Qui seront les gagnants? TransCanada et les gouvernements qui percevront des taxes.

Pour les consommateurs? Rien. Pas de rabais et selon toute vraisemblance, un risque bien plus élevé de souffrir des conséquences environnementales désastreuses qu’une fuite de pétrole pourrait avoir, si près du fleuve St-Laurent.

Payant pour l’élite qui va s’en mettre plein les poches avec ce pipeline trans-canadien mais potentiellement très désavantageux pour les consommateurs qui, au fond, paieront les mêmes prix démesurés (et trop élevés) pour faire fonctionner leur automobile et qui devront, si l’on se fie à l’historique de TransCanada, contribuer pour payer des désastres environnementaux annoncés.

C’est bien beau la sécurité énergétique mais c’est assez ordinaire, pour les consommateurs qui devraient, au moins, recevoir un rabais pour permettre que du pétrole passe en aussi grande quantité, sur leur territoire.

Disons que les Québécois sont TRÈS GÉNÉREUX de mettre ainsi en danger leur majestueux fleuve St-Laurent pour des milliardaires albertains puissent faire passer leur pétrole toxique si près de notre principale source d’eau douce.

De son côté, Pauline Marois surveille le groupe de travail mis sur pied (avec l’Alberta) à l’automne 2012 pour évaluer le projet, aux plans technique, environnemental et économique. Récemment, Mme Marois a démontré la “même ouverture” qu’en octobre 2012 pour le projet d’oléoduc de TransCanada.

Au début de 2014, TransCanada entreprendra le processus de demandes réglementaires pour l’obtention des autorisations requises en vue de la construction et de l’exploitation de l’oléoduc et des installations terminales.

On peut s’attendre à ce que ce projet fasse couler beaucoup d’encre et qu’il suscite de nombreux questionnements, dans la population.

1 COMMENTAIRE

  1. Qu’est-ce qui arrive si l’oléoduc commence à fuir, d’un peu partout?

    L’environnement va être contaminé, le bétail va être empoisonné et les humains vivant à proximité vont devenir malades, jusqu’à en mourir.

    Et TransCanada s’en lavera les mains, en disant que c’est NORMAL qu’un aussi long oléduc puisse avoir des fuites, ça et là? C’est ÇA, le plan?

    Les Québécois ont dit NON à la fracturation hydraulique de nos sous-sols parce qu’entre l’enrichissement UNILATÉRAL des ÉTRANGERS et l’accès à de l’eau potable, on a choisi L’EAU.

    En Alberta, ils se sont fait forcer le pétrole dans la gorge et bien qu’ils s’en soient enrichis, les sources d’eau douce se font rares et l’avenir s’annonce sombre, pour eux, à ce chapitre.

    Les Québécois n’ont pas à subir le même sort que les Albertains. TransCanada n’offre AUCUNE VÉRITABLE GARANTIE que leur oléduc ne viendra pas polluer notre environnement alors il ne faut pas baisser la garde contre ces milliardaires à la fibre morale plus qu’incertaine.

    Un Québec propre avec de vastes réserves d’eau douce vaut plus qu’une collection de marais toxiques qui sont impossibles à nettoyer, pour les décennies à venir.

    Non à un Québec toxique et malade.

    Malgré notre besoin pour du pétrole, il nous faut éviter de banaliser l’installation d’un aussi long oléduc, sur notre territoire.

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