Il n’existe pas vraiment de contrat formel pour le “vivre ensemble”, en société.

Pourtant, on se trouve des zones de confort bénéfiques pour tous quand les uns peuvent vivre sans embêter ou autrement indisposer les autres.

Autrement dit, nous avons intérêt à se respecter, les uns, les autres, pour favoriser la cohésion sociale, à même des rapports interpersonnels qui obéissent à cette même logique de respect.

Quand ça sent la cigarette

Un fumeur ne pourra pas éviter que sa fumée indispose quiconque se trouve dans le sillage de cette émanation toxique.

Il existe des appareils pour capter la fumée de cigarette mais bien que ça puisse aider, ça ne fait qu’un travail partiel. Fumer dehors? C’est mieux qu’en dedans mais là encore, la fumée “voyage”.

Au fond, le mieux est encore d’arrêter de fumer mais c’est beaucoup demander. Tout le monde est susceptible d’avoir des “faiblesses” et dans le cas des fumeurs, le fait de fumer est une faiblesse qui sera inévitablement partagée par l’émetteur ainsi que quiconque se trouve à être un receveur. Enfants, amis, voisins et inconnus deviennent donc des cibles bien involontaires (et habituellement non-consentantes) de la fumée toxique émanant des cigarettes qui sont grillées, dans une variété de contextes et d’endroits.

L’odeur de la cigarette ne ment pas.

Cette odeur annonce toujours des composés chimiques reconnus pour être toxiques, neurotoxiques et empoisonnés, aussi bien pour l’homme que pour “le vivant”, au sens large.

Ainsi, l’odeur de la cigarette est détestée par un grand nombre de non-fumeurs parce qu’elle est authentiquement dangereuse pour la santé mais aussi parce qu’elle évoque un manque de savoir-vivre-ensemble, pour certaines personnes qui n’acceptent pas que l’habitude malsaine d’autrui vienne envahir “leur bulle” de la sorte.

Comme il y a d’autres sortes de sources de pollution, à commencer par les rejets toxiques sortant des pots d’échappements de nos véhicules, les fumeurs peuvent rappeler qu’ils ne sont pas les seuls à polluer l’air. Et ils ont raison. Ceci dit, ce n’est pas parce que les véhicules polluent qu’il faut utiliser ça comme justification pour polluer en fumant. Ces deux sources de pollution devraient être adressées, avec autant de sérieux dans un cas que dans l’autre mais en ce moment, il y a encore un gros “laisser faire”… dans les deux cas.

Les gens qui fument font partie de la société, au même titre que les non-fumeurs.

Il y a autant de bonnes personnes chez les fumeurs que les non-fumeurs. Ce n’est donc pas ça l’enjeu mais bien de trouver des solutions réelles pour éviter que la fumée des cigarettes qui brûlent n’empoisonnent ceux qui ne fument pas.

Pour l’instant, ça semble être encore difficile de cohabiter avec des fumeurs qui feignent de ne pas prêter attention à la conséquence de leur choix de fumer assez près des autres pour qu’ils le remarquent… et en souffrent.

Scénarios

Que ce soit devant les portes d’entrées des édifices où se retrouvent les fumeurs ou dans un contexte résidentiel, comme lorsque le fumeur est sur son balcon ou qu’il laisse la fumée sortir par une fenêtre, la fumée initialement individuelle devient “sociale”.

Notre cadre législatif actuel, au Québec, balise les endroits où il est permis de fumer mais plusieurs Québécois demandent que la fumée, elle aussi, soit visée par une loi.

Autrement dit, au lieu de se contenter d’une loi pour dire où il est interdit ou permis de fumer, il faudrait voir à légiférer aussi la fumée de ces cigarettes car la fumée “voyage” et en ce moment, le fumeur n’a pas à s’en préoccuper.

C’est donc cette fumée qui se rend jusqu’à autrui qui pose problème, pour la plupart des gens qui se retrouvent pris à devoir composer avec une fumée toxique qu’ils ne veulent pas, dans leur environnement.

Entre tolérance et imposition du choix d’autrui

L’humoriste Jean-Marc Parent avait déjà donné l’exemple, dans un sketch, de son habitude d’engloutir une poutine et que ça pouvait lui causer des ennuis de santé mais contrairement aux fumeurs qui peuvent empoisonner tout le monde avec leur fumée dite “secondaire”, le mangeur de poutine demeure le seul à devoir “payer” pour en avoir mangé alors que dans le cas de la cigarette qui brûle, c’est tout le monde qui “paie”.

D’où l’équilibre social qu’il faut discuter pour établir les balises de notre tolérance dans un contexte où l’on veut éviter l’imposition du choix d’autrui (sur soi ou sur “les autres”).

C’est délicat.

Personne ne veut indisposer les fumeurs.

Sérieusement, au Québec, on aime vivre et laisser vivre.

Mais comment ignorer cette fumée toxique qui ruine des moments qui auraient été plus agréables, autrement?

Impossible de faire abstraction de cette fumée toxique.

Surtout quand la fumée affecte des enfants (au parc, près des écoles, lors de spectacles, dans des fêtes en plein air, en nature ou même, dans un véhicule) ou des personnes vulnérables. Et devant la nature empoisonnée de la fumée des cigarettes, ces “personnes dites vulnérables” sont légion.

Personne ne peut ignorer le danger réel de la fumée secondaire d’une cigarette.

Alors, on fait quoi?

Des solutions?

Avant d’aller trop vite dans l’avenue des nouvelles lois, il serait important d’entretenir une discussion avec les fumeurs.

Surtout avec ceux qui croient que c’est “juste une p’tite cig de rien du tout”.

Il faut (encore) les sensibiliser aux conséquences réelles de leur habitude.

Pas les empêcher de fumer mais s’assurer qu’ils ont bien saisi le sérieux de l’acte de permettre que leur fumée atteigne (et empoisonne) autrui.

On devrait d’ailleurs avoir la même démarche pour les émanations d’essence, en passant. S’il n’est pas encore possible d’éviter d’emprunter les transports mus par la combustion du pétrole, il faudrait continuer à favoriser les alternatives plus propres (incluant le télétravail qui évite complètement le déplacement, en véhicule).

Les solutions n’arriveront probablement pas immédiatement mais au moins, les principaux intéressés pourraient avoir voix au chapitre, dans cet importante discussion entre les fumeurs et ceux qu’ils forcent à devoir prendre fait et cause en ce qui a trait à la fumée de cigarette… parce qu’ils doivent parfois la respirer, bien malgré eux.

Il faut en parler, ensemble

Alors d’ici à ce qu’on vide cette question, socialement, il va continuer à y avoir des odeurs de cigarettes qui vont fortement indisposer une majorité de Québécois.

Il est temps d’affronter cette question au lieu de la fuir.

Pour le bien des non-fumeurs, évidemment mais aussi, des fumeurs. Qu’ils le réalisent, ou non.

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