Le Pavillon Dominique-Bédard à l’Hôtel-Dieu de Lévis

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Dans son édition de juin 2008, la revue Activité de l’Hôtel-Dieu de Lévis fait état d’un changement de nom pour le Pavillon Antoine-Gauvreau qui portera désormais le nom de Dominique Bédard, depuis le 30 avril dernier.

Ceux qui sont férus d’histoire savent déjà qu’en date du 30 octobre 1892, le curé (considéré comme fondateur) de la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire, Mgr Antoine Gauvreau, a ouvert les portes de l’Hôtel-Dieu de Lévis (dont il est aussi le fondateur). Mgr Gauvreau ne s’est pas arrêté là puisqu’il a aussi ouvert l’École d’infirmières de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Autrement dit, Mgr Gauvreau était un grand homme alors qui était ce Dominique Bédard dont le nom sera désormais gravé dans la pierre du plus important hôpital public de la rive-sud de Québec?

Dominique Bédard, avant d’être un professionnel de la santé, était un homme d’exception. Un perfectionniste d’un rare intelligence qui a toujours mis l’humain au premier rang de ses priorités.

Ce psychiatre québécois, dont nous pouvons tous être fiers, a contribué à humaniser le traitement de la maladie mentale et ainsi, redonner leur dignité à des citoyens qui était pris dans un système qui ne les respectait pas.

Par exemple, le Dr Bédard est le coauteur du rapport de la Commission Bédard (1962), écrit avec Denis Lazure et Charles Roberts. Les trois coauteurs avaient été recommandés par Camille Laurin pour jeter les bases de la désinstitutionnalisation et de la régionalisation en psychiatrie au Québec et ensuite, une fois le rapport déposé, pour implantater les réformes proposées.

Ceux qui ne connaissent pas la Commission Bédard doivent savoir que l’objectif du mouvement de désinstitutionnalisation des années 1960 était clair: faire sortir les personnes des hôpitaux psychiatriques, pour des raisons humanitaires, thérapeutiques et économiques. Certains psychiatres étaient également persuadés que plusieurs maladies mentales étaient guérissables.

Le plan de la commission Bédard repose sur trois grands principes: régionaliser, diversifier et multiplier les services dans la communauté. La régionalisation s’est traduite par la création de départements de psychiatrie dans les hôpitaux généraux et par l’implantation d’équipes volantes multidisciplinaires dans diverses régions.

Si l’on se reporte au début des années 1960, au Québec, on peut se douter à quel point le rapport de cette commission a eu l’effet d’un tsunami dans le système de santé de la province. Grâce à Dominique Bédard et à ses éminents collègue, les « fous » (incluant tous ceux qui ne l’étaient pas) ont pu sortir des « asiles » et des « prisons » qui, à presque tous les égards, ne faisaient qu’aggraver le sort de ceux-ci.

La diversification, telle que proposée par la Commission Bédard, passera par le développement de services de consultations externes, de centres de jour et de nuit, de services de soins à domicile, ainsi que de foyers de transition pour les patients qui ont besoin de services de réadaptation.

Enfin, pour multiplier les services dans la communauté et favoriser la réinsertion sociale, la commission propose deux programmes: la mise sur pied de foyers d’accueil pour les malades sans famille et la création d’ateliers protégés.

Les Québécois —et les Lévisiens— peuvent être très fiers de Dominique Bédard, chef du Département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Lévis, de 1973 à 1989 mais surtout, grand visionnaire d’un système de santé publique où la santé mentale s’assimile (enfin) aux autres disciplines médicales.

Au début de mai 2008, Hervé Moisan, l’actuel directeur de l’hôpital, Charles Lajeunessse, directeur du département de psychiatrie et Hugo Ferdinand-Bédard (petit neveu du Dr Bédard) ont tous livré des témoignages présentant Dominique Bédard comme un psychiatre qui a joué un rôle de premier plan dans le développement de la « psychiatrie nouvelle », au Québec.

Le Pavillon Dominique-Bédard abrite les unités suivantes…

  • le Département de psychiatrie; avec
    • ses unités d’hospitalisation; et
    • ses cliniques externes spécialisées.
  • la Direction des ressources financières et informationnelles;
  • le Programme régional des soins respiratoires; et
  • le service de dialyse.

Bravo à la direction de l’Hôtel-Dieu de Lévis qui a su choisir, sans l’ombre d’un doute, la bonne personne en Dominique Bédard pour renommer son pavillon qui se veut principalement dédié à la psychiatrie.

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2 Commentaires

  1. De nombreuses années à côtoyer Dominique Bédard, mon enrichi ,dans ma vision de l’être Humain atteint de maladie mentale.

  2. Le personnel du pavillon Dominique Bédard Est très attentionné pour avoir moi même été hospitalisé aux pavillons j’ai été très bien traité et j’ai présentement un bon suivi en externe.

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