Très souvent, le films nous parlent de notre vie en utilisant des allégories qui —pour ne pas trop aliéner les âmes sensibles— semblent ancrées dans un autre monde ou alors, un univers plus ou moins fantaisiste.

Qu’on le veuille ou non, ça nous force à s’interroger. À enlever nos œillères. Plusieurs films nous envoient des messages qui méritent qu’on les décode et qu’on les contextualise, en regard de notre propre vie.

Avec les films de la série Hunger Games, on a la nette impression qu’on nous envoie un message mais lequel?

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L’acteur principale et vilain de la série, Snow, interprété par le Canadien Donald Sutherland, s’est récemment ouvert, à ce sujet. Voici ses parole, traduite en français:

“S’il y a encore des questions à savoir en regard de quoi [les films] sont une allégorie, je vais vous le dire.

[Il s’agit des] puissances qui existent, aux États-Unis d’Amérique.

Ce sont les profiteurs.

Les guerres pour le profit. Pas pour sauver le monde pour la démocratie ou le patriotisme, non, c’est de la merde [tout ça].

C’est pour le 10% [de l’élite] au sommet et pour les jeunes gens qui verront ce film, [ils doivent] reconnaître que dans le futur, la confiance aveugle en leurs dirigeants, comme l’a dit Bruce Springsteen, vous amènera à votre mort.”

Et dans l’entrevue, on entend ensuite Katniss, interprétée par Jennifer Lawrence, la vedette des films, dire “Snow doit payer pour ce qu’il a fait”, une boutade lourde de sens, dans le scénario puisque Snow, le méchant, un oligarque dans un régime totalitaire, dirige en utilisant la peur et la violence pour asservir les sujets de la nation post-apocalyptique de Panem (qui veut dire “pain”, en latin).

Voici la vidéo dans laquelle Donald Sutherland livre son message, en anglais…

C’est un message que l’acteur Donald Sutherland a livré avec sérieux.

Donald Sutherland avait d’ailleurs livré un message semblable, pour la sortie de Mocking Jay – Part 1 mais sans aller aussi loin mais on sent qu’il veut faire comprendre qu’il y a un message très réel, dans son interprétation du rôle du Président Snow…

Même si vous n’avez pas vu tous les films, vous savez que le phénomène de la guerre permanente pour enrichir unilatéralement une élite corrompue ne sort pas d’une fiction imaginée mais bien d’une réalité observée, dans notre monde.

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Pour ceux qui connaissent moins ces films, rappelons que la nation dirigée par Snow est construite sur les ruines de ce qui constituait l’Amérique du Nord. Le Capitole, une métropole technologiquement avancée, exerce un contrôle politique total sur le reste des douze districts constitutifs de Panem. Il organise chaque année les Hunger Games (qui se traduit par “Jeux de la Faim”), un jeu télévisé où un garçon et une fille entre douze et dix-huit ans de chaque district sont tirés au sort pour s’affronter.

Si l’on combine le complexe militaro-industriel américain et le phénomène des téléréalités, souvent au goût douteux, on obtient un terreau fertile pour des livres, puis des films, comme la série Hunger Games.

L’auteur de ces livres, Suzanne Collins a publié le premier Hunger Games, en 2008, juste avant l’épouvantable crise économique et son aide financière pour les institutions financières qui étaient, selon les autorités américaines, trop grosses (ou importantes, stratégiquement) pour faillir. Encore aujourd’hui, cette aide a uniquement profité à l’élite, aux super-riches, alors que les Américains, eux, ne se sont jamais remis de cette catastrophe financière alimentée par l’avarice extrême et l’insouciance des banquiers qui s’en sont mis plein les poches avec les sub-primes, ces prêts hypothécaires sans garanties suffisantes concernant la solidité financière des acheteurs. Puis, quand ce château de carte s’est effondré, ce sont les Américains qui ont payé pour sauver le derrière des banquiers qui, dans les faits, venaient de s’enrichir une seconde fois!

Ainsi, la guerre, l’élite corrompue, des médias complaisants et une population qui se laisse délibérément endormir pour ne pas avoir de “cas de conscience”, ça finit par ressembler à notre monde même si l’histoire des films Hunger Games se passe dans le futur, un futur sombre dans lequel il ne faut pas s’enliser.

Collectivement, nous n’avons rien à gagner à se laisser appauvrir.

L’élite, cependant, a tout à gagner à avoir un peuple à genoux, incapable de se rebeller et forcé à travailler dans des conditions de misère… pendant qu’ils s’enrichissent sans fin et surtout, sans concurrence.

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Ce message qui émane des films Hunger Games est le même, film après film, comme si c’était si important que ça devait rester la ligne directrice, qu’importe l’évolution du scénario du film.

Et ce message est adressé à chacun d’entre nous.

Selon vous, les gens seront-ils capables de décoder ce message, de le comprendre et de tracer des parallèles avec notre monde actuel et la direction dans laquelle il est engagé?