La ministre Julie Boulet jubile!

Ses radars photo s’implantent partout au Québec et ce, sans que les citoyens s’y opposent.

C’est comme si la majorité de la population québécoise était absente, mentalement, pendant que la police aménage son réseau d’émission de “contraventions en série”. C’est l’établissement de la tyrannie, en direct. Et personne n’ose hausser le ton pour défendre les citoyens dont le droit à la vie privée sera définitivement révoqué, dès qu’ils emprunteront la route.

Mais quelqu’un a-t-il pris le temps de sortir sa calculatrice pour voir à quel point les prétentions de “sécurité” du gouvernement sont ridicules?

Et non, apparemement…

Alors, on va s’amuser (si telle chose est possible) avec les statistiques liées très spécifiquement à l’appareillage de “surveillance aux feux rouges” de la Route du Président-Kennedy (route 173), à l’intersection du boulevard Wilfrid-Carrier et de la rue Louis-H.-La Fontaine.

rte_kennedy_a_levis

Vous allez voir, ça va vous faire contraste avec l’extrême légèreté des informations diffusées aux bulletins de nouvelles des “grands médias”.

Vous êtes prêts?

On commence…

À cette intersection, le débit de voitures, par jour, est de 44,000, selon le ministère des Transports du Québec. Sur trois (3) ans (vous allez voir pourquoi), ça donne 48,180,000 — oui, un peu plus de 48 millions de véhicules.

Ok.

Gardez ce chiffre à l’esprit: 48 millions de véhicules en 3 ans.

Maintenant, Julie Boulet et ses complice ont fait installer un “appareil de surveillance” à cette intersection parce qu’il y a eu 91 accident, sur 3 ans. Le ministère dit que la moyenne est de 22 à des endroits “comparables”, dans la région. Quelle grosse farce. Il n’y a PAS d’endroits comparables à CETTE INTERSECTION, dans la région. C’est LA PLUS IMPORTANTE et aussi la plus névralgique et c’est pour ça qu’il y a plus d’accidents mais bon, on continue avec les chiffres.

Alors, de ces 91 accidents en 3 ans, il y a eu 28 accidents CORPORELS (ceux qui causent des blessures ou la mort) dont 46% (ça fait 12,88… cherchez l’erreur) sont causés par un véhicule ayant passé sur un feu rouge.

On avance.

On sait maintenant que sur trois ans, il y a eu quelques 13 (on arrondit le 12,88) accidents corporels. Faisons une petite parenthèse pour préciser que chaque accident en est un de trop mais bon, il faut parfois regarder le portrait d’ensemble et c’est ce qu’on est en train de faire.

Alors on continue.

Le MTQ précise que cette intersection se trouve à la sortie d’une ville (ils auraient aussi pu dire que c’est l’entrée et le “point de concentration locale” depuis les quatre directions mais bon, ils devaient penser que personne ne lirait leur document alors, à quoi bon se forcer) et que les opérations policières y sont difficiles.

Et ne pensez pas que le MTQ va se contenter d’installer son appareillage de surveillance pour une seule direction. Dès que ce sera possible, toutes les directions seront surveillées de la même façon. Ce n’est qu’une question de temps.

C’est donc pour ces deux raisons et pour les 13 accidents corporels en 3 ans que le tandem de radars photo a été installé.

Mais 13 accidents corporels sur 3 ans (on ne sait pas s’ils ont causé la mort), comparé au passage de plus de 48 millions de véhicules, c’est petit.

Très petit, même.

On parle de 0,000002698% d’accidents corporels, en 3 ans, à cet endroit.

Essayez, vous, juste pour le plaisir, de faire passer quelques 48 millions de véhicules (sur 3 ans, incluant pendant les tempêtes, en hiver) dans votre rue en obtenant un taux d’accidents corporels aussi bas — vous allez voir que ce n’est pas une mince affaire.

Cette intersection, par sa localisation stratégique et son affluence continuelle, mérite le titre de “super-intersection”. C’est probablement la plus grosse de toute la rive-sud, sauf peut-être à Longueuil.

Ce n’est pas une intersection comme les autres.

rte_kennedy_vue_aerienne

Mathématiquement, on peut même se demander si ce n’est pas normal qu’une intersection aussi névralgique soit le théâtre de quelques accidents, de temps à autre. Pas que ce soit souhaitable, bien au contraire mais 48 millions de véhicules, c’est 48,180,000 de véhicules. C’est énorme.

Alors il vous appartient, en tant que citoyen, de vous demander s’il s’agit là d’un justification mathématique suffisante pour vous faire violer quotidiennement dans votre supposé droit à la vie privée en plus de vous faire taxer lâchement advenant une situation un peu “borderline”. Par exemple, lorsque l’excès de circulation vous coince au mauvais endroit.

Mais…

Si la VRAIE RAISON pour installer ces radars photo avait tout à voir avec la taxation oppressive des automobilistes et non la “sécurité” des usagers de la route?

Pensez-y.

Plus de 48 millions de véhicules qui passent dans une intersection continuellement bondée.

Si ne serait-ce qu’un microscopique pourcentage des automobilistes, disons 0,01% (un centième de 1%) se faisaient pincer, ça représenterait une fortune considérable, pour les policiers. Sachez que griller un feu rouge, au Québec, coûte entre 100$ et 200$ plus les frais. Oui, “les frais”…

Alors, on parlerait, sur 3 ans, d’une somme variant entre 481,800$ à 963,600$ plus les frais d’environ 50$, soit quelques 240,900$ — et ça, c’est avec un taux d’infractions quand même assez bas (considérant que la caméra capte TOUS les impairs, contrairement aux policiers qui n’en captent qu’une infime fraction).

Et ce petit manège de taxation des automobilistes sera répété à aux moins 15 autres endroits, au Québec… dans un premier temps! Après le “test”, ces radars photo se multiplieront vraisemblablement d’un bout à l’autre de la province.

Pire, des intersections comme celle de Décarie, à l’intersection de la rue Paré, à Montréal, voient 69,000 véhicules transiter par jour, soit plus de 75 millions de véhicules, sur 3 ans! Cashing! L’argent va “rentrer au poste [de police]”, c’est le cas de le dire.

On comprends alors mieux pourquoi la ministre Julie Boulet a le sourire fendu jusqu’aux oreilles lorsqu’elle nous annonce l’arrivée de ses “machines à tickets” déguisées en “appareils de surveillance”, pour notre bien, selon elle.

D’ailleurs, dans la pile de documents qu’elle a remis aux médias, lors de sa conférence de presse, on ne retrouve pas ses projections de revenus, grâce à ces appareils. Comme ils seront probablement en fonction pour des dizaines d’années —vu que personne ne semble s’en offenser— on peut penser que le gouvernement du Québec ira soutirer des dizaines de millions de dollars de plus, des poches des contribuables déjà parmi les plus taxés en Amérique… et dans le monde.

Le bras répressif de la police semble avoir la faveur de la ministre Boulet.

En passant, vous pouvez modifier les chiffres à l’infini avec une feuille de calcul mais vous devez retenir que pour le cas de Lévis, 13 accidents “corporels” sur 3 ans, c’est peu pour soustraire le droit à la vie privée à plus de 48 millions d’automobilistes.

À vous de tirer vos propres conclusions…

Tags: radars photo, intersection, feux rouges, route kennedy, boulevard wilfrid-carrier, rue louis-h.-la fontaine, caméras de police, espionnage, citoyens sous surveillance, mathématiques, calculs, taxes, taxation oppressive, vie privé, absence de vie privée, julie boulet, mtq, transports québec, tyrannie, citoyens, accidents, automobilistes