Le temps des Fêtes, de nos jours, a d’abord une saveur commerciale et ensuite, très loin derrière, un petit goût de religion.

La folie des achats bat déjà son plein car Noël, la grande orgie de cadeaux, aura lieu dans quelques semaines, à peine. Si vous n’avez pas encore surchargé votre carte de crédit, c’est le temps de le faire, diraient en chœur les commerçants qui vous voient venir, de loin.

Mais ça, c’est si vous avez les moyens de garnir le pied de votre sapin de Noël parce que si vous avez le malheur de ne pas avoir une compte en banque qui déborde, vous allez devoir vivre Noël avec une autre perspective, soit celle d’un membre de la classe moyenne ou pire, de la classe pauvre.

Deux classes qui se ressemblent de plus en plus car les pauvres étant pauvres, les membres de la classe moyenne sont souvent si endettés que leur situation financière, tout compte fait, ressemble à s’y méprendre à celle des pauvres.

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À Noël, on peut dire qu’un tiers de la population en arrachera, à savoir les pauvres, un autre tiers fera comme si tout va « super-bien », dans la classe moyenne et l’autre tiers, pas mal aisé, financièrement, fêtera en grand.

Oui, les riches auront cet énorme sourire au visage, lorsqu’ils profiteront de leurs longues vacances de Noël, sûrement méritées mais clairement hors-normes et exceptionnelles. Ils souriront car ils n’ont absolument aucun stress financier. Ils n’ont que le goût de se faire plaisir et que ce soit dans leur luxueuse demeure ou dans un resort dispendieux, probablement dans les Caraïbes, ils vont prendre du bon temps, plus qu’à leur tour.

Séchez vos larmes pour les riches! Ils survivront admirablement à Noël, cette pseudo-fête où la pression sociale est à son paroxysme et où le paraître prend tout son sens.

Pendant que les deux-tiers de la population festillonneront comme ils le peuvent, les riches célèbreront comme dans les films. Leurs vêtements seront neufs et confortables, leurs cadeaux seront exceptionnels, leurs repas seront mémorables et leurs amis seront tout simplement parfaits pour les photos des Fêtes qui se retrouveront éventuellement encadrées, sur le foyer.

Au moins, ça fait de belles choses à penser, pour les pauvres.

Ces pauvres diables qui n’ont pas d’emploi ou encore, un emploi qui ne paie pas assez. Ces pauvres qui sont invisibles, pour les riches mais souvent indispensables au maintien de leur mode de vie « sur le pilote automatique ». Il faut bien que des gens s’occupent de faire fonctionner « la patente » pendant que les riches se reposent, jouent au golf ou voyagent, non?

Mais bon, ça ne sert à rien d’envier les autres, même en secret. C’est vrai, ça ne fait que nous éloigner de notre propre chemin alors il vaut mieux se concentrer sur notre propre voix intérieure pour tenter d’y trouver ce qui nous rend heureux, à notre façon et selon nos préférences.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas utiliser ce temps misérable de supposées « réjouissances » pour apprendre des choses.

Les pauvres peuvent apprendre que le travail en silo les condamne à la pauvreté et à répéter le même schéma qui les a mené dans cette foutue pauvreté alors il faut changer les choses, pour vrai.

La classe moyenne, elle, doit rejeter le consumérisme à outrance qui les appauvrit, dans une large mesure. Une meilleure répartition de la richesse leur garantirait une vie bien moins stressante, financièrement. Et que dire de la lutte contre les paradis fiscaux qui ne profitent qu’aux riches tout en torpillant le financement de nos services publiques?

C’est maintenant que la classe moyenne doit rejeter ce modèle social ruineux où les riches font ce qu’ils veulent, aux dépens des autres classes sociales qui en paient le prix fort, à longueur d’année, même si c’est plus visible et cruel, dans le temps de Noël.

Et les riches aussi peuvent apprendre. Leur système de domination sociale par la peur ainsi que par l’incessant contrôle des médias et de l’argent leur garantit une vie d’abondance.

Mais…

Il se pourrait que ce système pro-riches devienne finalement invivable pour les autres classes sociales alors ce serait important de s’assurer qu’ils ne soient pas les seuls à vivre (par opposition à « survivre », pour « les autres »).

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Ça en fait des choses à apprendre mais bon, chacun apprendra bien ce qu’il veut. Ou encore, au diable les apprentissages! À chacun sa vision des choses.

Qu’importe notre angle sur la vie, positif, neutre ou négatif, le temps de Noël exacerbe cette vision.

Ainsi, parce que tout est amplifié pendant les Fêtes, certains seront débordants de positivisme avec des vœux à offrir à la Terre entière, d’autres s’en foutront complètement et d’autres auront les bleues ou encore, voudront mettre fin à leurs jours (triste réalité qui explose, à ce temps de l’année).

Qu’importe votre compréhension de Noël, tâchez d’y trouver une signification pour vous qui viendra vous amener quelque chose de positif. Combattez les idées noires et essayez de trouver ce qui pourrait ensoleiller votre vie.

Les bons vœux

Même si vous êtes malades, que vos enfants ne mangent pas à leur faim, que votre logement est misérable et que votre loyer ne sera pas payé à temps, rappelez-vous que pour les riches, ce moment de l’année est absolument merveilleux alors ce serait bête de leur gâcher leur plaisir, ils s’amusent tellement, ces privilégiés économiques.

Bon, c’est dit sur une note sarcastique parce que la misère des pauvres est absolument injustifiable, au Québec mais elle existe parce que des riches feignent l’ignorance et se servent plus qu’à leur tour dans l’assiette au beurre collective (dans le cas des députés, en tout cas, qui viennent de se voter d’importantes hausses de salaire, de l’ordre de 53% et les médecins qui ont facturé 800 millions de dollars de trop mais qui ne remettront PAS UNE CENNE NOIRE de ça… ils sont intelligents, il faut leur donner ça).

Quand ce sera Noël, ayez une belle pensée pour les pauvres et les membres de la classe moyenne qui en arrachent et qui combattent leurs dettes, tant bien que mal.

Au riches, vous n’avez pas besoin de leur souhaiter quoique ce soit, ils ont déjà tout ce qu’ils veulent et ce qu’ils n’ont pas, ils peuvent se l’acheter.

Et de toutes façons, si les riches pensaient aux autres, il n’y aurait pas de pauvreté comme il y en a, au Québec. Alors de penser à eux, selon leur logique, ce serait un peu du temps perdu.

Il y a de bonnes personnes parmi les riches, bien évidemment mais le bilan de lutte à la pauvreté est tellement poche qu’on peut se demander si les efforts qui ont été faits l’ont été avec une véritable intention d’en finir avec la pauvreté ou si c’était simplement pour s’assurer une grosse job au gouvernement, en prétendant, main sur le cœur, qu’on travaillait à « vaincre la pauvreté »… pour aussi longtemps que ça prendra!

Pour s’en sortir, pour vrai

Enfin bref, si vous êtes pauvres et que vous voulez vous en sortir, la première leçon que vous devez apprendre, c’est de ne compter sur personne. Vous êtes seul devant votre détresse et personne ne vous aidera (sauf de rares exceptions).

Le simple fait de prendre acte de cette pénible réalité vous donnera une chance de vous en sortir car vous ne perdrez plus de temps à « attendre qu’on vous aide ». Vous défoncerez vos propres portes, pour ainsi dire.

Avec cette nouvelle vision de votre vie, une vision où vous avez vos propres solutions, peut-être en arriverez-vous, un jour, à passer quelques heures agréables à Noël…