La plupart des gens rêvent d’un écosystème électrique pour le transport routier afin de remplacer notre dépendance actuelle au pétrole.

De sale et dispendieux, notre énergie pour se déplacer deviendrait propre et abordable. Avouez que ça nous permettrait de mieux respirer, tout en conservant plus d’argent dans nos poches.

Clairement, l’idée des autos électriques a de la traction.

Dans un tel contexte, on comprend un peu pourquoi le gouvernement Couillard s’est engagé vendredi, le 9 octobre 2015, à décupler le nombre de véhicules électriques et hybrides rechargeables sur les routes de la province, d’ici 2020.

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Le gouvernement du Québec fait le pari qu’avec l’ajout de centaines de bornes de recharge et le maintien des subventions à l’achat, nous atteindrons la cible ambitieuse de 100,000 véhicules verts. C’est louable mais Pierre-Karl Péladeau, le chef péquiste, croit cet objectif inatteignable s’il n’y a pas davantage d’investissements.

Voici comment le chef de l’opposition officielle voit les choses

Boucane

Excusez-moi l’expression, mais tout comme son Plan Nord, le premier ministre libéral Philippe Couillard, de nouveau asservi à sa stratégie de relations publiques, nous aura proposé un beau gros « show de boucane » vendredi avec son plan d’électrification des transports. 

Il nous a dit, sans même sourire, qu’il y aurait 100 000 véhicules électriques au Québec en 2020 alors qu’il y en a environ 7 300 actuellement. Mais comment pense-t-il atteindre cette cible quand on sait qu’une majorité des constructeurs automobiles ont un inventaire très limité sinon inexistant de véhicules électriques ? Le premier ministre ne sait-il pas que cet objectif sera impossible à atteindre sans une Loi Zéro Émission ?

À ce sujet, il a mentionné que l’adoption d’une loi Zéro Émission qui existe depuis 25 ans et qui oblige les constructeurs automobiles à vendre un pourcentage croissant de véhicules Zéro Émission, dépendait de la volonté des autres partenaires. Je vous rappelle monsieur le premier ministre que de nombreux états américains dont celui de New York et du Vermont ont déjà mis en place une telle loi. Si vous attendez l’Ontario ou l’Alberta, grande productrice de pétrole, il n’y a rien d’avantageux pour le Québec, grand producteur d’énergie hydroélectrique verte, renouvelable et durable. Qu’attendez-vous pour défendre et encourager notre économie québécoise ? 

Évidemment, le premier ministre Couillard ne nous a pas parlé de l’annonce faite par son homologue fédéral Stephen Harper cette semaine de consacrer un autre 1 000 000 000 $ au Fonds d’innovation pour le secteur automobile uniquement en Ontario. Cette annonce témoigne encore une fois de l’arrogance du fédéral envers le Québec quand on sait fort bien que l’expertise se trouve ici et que c’est au Québec, que nous retrouvons le plus de voitures électriques.

Une autre illustration que les fédéraux préfèrent « investir » au Québec en assurance-emploi plutôt que dans de véritables investissements porteurs et créateurs de richesse. Pourtant, nous envoyons encore et toujours plus de 48 000 000 000 $ de nos taxes et impôts à Ottawa.

Ma collègue Martine Ouellet et moi avons déploré le manque d’ambition du Parti libéral qui présente un plan deux fois moins ambitieux pour le Québec que celui qu’avait proposé le gouvernement Marois.

Je me réjouis de voir que l’ajout de voies réservées accessibles aux véhicules électriques, projet qui faisait partie de la stratégie d’électrification des transports du gouvernement du Parti Québécois et l’appui financier à l’acquisition d’autobus scolaires électriques dont pourra certes bénéficier Autobus Lion, un chef de file dans le domaine qui est situé dans la circonscription de Saint-Jérôme, soient dans le plan.

Quand on veut faire du Québec un leader en électrification des transports, on ne coupe pas de 50 % son financement, monsieur le premier ministre.

Bref, encore une fois, un autre beau gros « show de boucane ».

Autant Philippe Couillard est enthousiaste et confiant, autant Pierre-Karl Péladeau a un gros doute sur l’atteinte de l’objectif mais aussi sur les vraies motivations des Libéraux, derrière cette annonce.

Que ce soit par volonté d’améliorer les choses ou par opportunisme, ça demeure un pas dans la bonne direction car le pétrole nous tue, littéralement.

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Notons que quatre ministres du cabinet, sans compter le premier ministre, ont pris la parole, devant une salle remplie de gens d’affaires, au Palais des Congrès de Montréal, pour présenter le Plan d’action en électrification des transports 2015-2020. Au total, 420,75M$, dont 60% financés par le Fonds vert, seront investis en 5 ans dans le cadre de ce plan. Toutefois, les nouvelles mesures totalisent seulement 255M$.

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Le programme Roulez électrique, qui prévoit des subventions de 4,000 à 8,000 $ à l’achat d’un véhicule neuf hybride rechargeable ou entièrement électrique, demeure la mesure-clé pour faire passer de 7,300 à 100,000 le nombre de ces véhicules.

C’est ambitieux mais selon Philippe Couillard, les mesures mises-en-place seraient suffisantes pour y arriver.

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Le plan d’électrification prévoit une série de mesures censées convaincre au moins une partie des automobilistes à se défaire de leurs véhicules à essence. Depuis vendredi, les automobilistes ayant une plaque d’immatriculation verte pourront rouler légalement sur plusieurs voies réservées aux autobus et aux taxis, comme certains segments de la route 116 et 132 et des autoroutes 15, 25, 440 et 740. Il y aura aussi, en novembre, la route 112, en direction ouest.

Mais ce n’est pas tout car les propriétaires de véhicules électriques et hybrides pourront embarquer gratuitement sur les traversiers payants du Québec et rouler sans frais sur les deux ponts à péage du Grand Montréal, dès le 1er janvier 2016.  C’est attrayant, comme proposition.

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Grâce à ces mesures, Québec espère ajouter 2,000 emplois à cette filière industrielle et réduire de 150,000 tonnes ses émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) produites par les transports. Une réduction rendue nécessaire pour atteindre la cible de réduction de 37,5% de GES, d’ici 2030, par rapport à 1990.

Alors la suite des choses vous appartient.

Si vous conduisez un gros véhicule parce que vous êtes un entrepreneur général, vous allez surement continuer de conduire un pick-up « à essence » rempli d’outils mais si vous circuler localement, un véhicule électrique pourrait vous plaire… à part pour son prix d’acquisition qui demeure prohibitif.

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On peut imaginez qu’une compagnie comme Tesla va éventuellement offrir un modèle d’automobile à un prix si abordable qu’il deviendra une alternative sérieuse, pour les automobilistes ayant une plus grande conscience verte. Pour l’heure, les véhicules électriques demeurent réservés aux automobilistes aisés mais avec le temps, la tendance électrique pourrait devenir accessible à la classe moyenne.

Même si PKP n’aime pas le plan, pour les automobilistes du Québec qui veulent sortir de l’emprise empoisonnée du pétrole, c’est mieux que rien.